dimanche 25 mai 40,9 km (8H00)
Départ 6 h 45 arrivée 14 h 45. Peu de monde dans les rues si ce n'est 3 ou 4 gars beurrés qui continuent à boire au goulot (mon dieu quelle horreur !). Après Vallafranca de Bierzo le chemin suit la RN 6 mais il n'y a pas de circulation et nous sommes protégés par un muret en béton. Les villages du Bierzo sont assez rapprochés Camponaraya, Cacabelos ... Avec des maisons à étage surplombant la rue, ça ne respire pas la richesse à l'exception de quelques maisons individuelles cossues avec toit d'ardoise. Toujours des cigognes. Je vois même des jeunes dans leur nid sur un poteau électrique (et ça tient !). Serge me rejoint un peu avant Villafranca alors que je consulte mon topoguide hésitant entre deux itinéraires. Le chemin passe par de nombreuses et vieilles vignes aux ceps énormes sans palissage. Beaucoup de cerisiers, avec de belles cerises mures mais ...le pèlerin n'est pas maraudeur et ... surtout l' Espagnol peut-être belliqueux !
Je laisse Serge prendre un café à Villafranca , je préfère casser la croute un peu plus loin dasn un endroit calme malheureusement le temps qui était assez beau commence à se couvrir et je préfère manger en marchant, pain d’une main et chorizo de l’autre !
Dans les villages des pétales de fleurs sont disposés devant les églises et certaines maison : c’est la fête Dieu je crois, il doit y avoir des processions mais un peu plus tard. Photos du porche de l’église et du Castillo de Villafranca et enfin des belles maisons blasonnées.
En arrivant à Vega de Valcance il commence à pleuvoir et vers la montagne le ciel est très chargé. Je me dirige donc vers le refuge municipal. Il ne reste qu’une place que je prends, ce n’est pas le grand luxe mais ça évite la pluie.
Aujourd’hui j’ai discuté un peu avec une jeune Coréenne, Bona. Elle a commencé à St Jean Pied de port ,marche avec des tennis et fais de petites étapes. Elle est catholique et a lu une traduction du bouquin de l’écrivain Allemand Hape Kerkeling * qui explique la présence de beaucoup de personnes cette année. Le soir diner pèlerin avec Rudiger un Allemand de Hambourg qui l’année passée est parti de chez lui et qui cette année à repris de son point d’arrêt : Le Puy et avec Fabrice un jeune Français parti du Puy le 20 mars, à cette période il n’y avait que 4 personnes avec lui à la cathédrale, un peu paumé au début me dit-il mais qui va mieux au fil des étapes.
*Hans-Peter (Hape) Kerkeling. a 40 ans. Il se produit dans des « one man show » comiques. Il est célèbre et riche. En Allemagne, Hape est un véritable phénomène. Un accident de santé sonne l’alerte. Sur un coup de tête, il décide d’annuler tous ses contrats. Il disparaît et prend la route de Compostelle, comme 400 000 personnes(c’est peut-être exagéré !) chaque année. Anonyme parmi les pèlerins, il tient son journal, deux mois durant, sur un petit calepin orange. 800 kilomètres à la découverte de soi-même, pour recoller les morceaux de sa vie, pour chercher Dieu, lui qui se voit comme une « espèce de bouddhiste avec un vernis chrétien ».